HISTORIQUE de la REGION
Après le déclin de l'Empire romain, la
Gaule fut successivement envahie par diverses peuplades venues de l'Europe centrale
ou de l'Est ainsi que d'Asie. Parmi eux, les Francs et les Wisigoths. Les premiers
rétablirent, avec Clovis au Vème siècle, une certaine unité
territoriale qui ne manqua pas de s'effriter. Quant aux Wisigoths arrivés
en Occident au IVe siècle, après avoir pris l'Italie et Rome,
ils s'installent à Toulouse en 413. Battus par Clovis en 507 à
Vouillé, ils ne conserveront que l'ancienne province romaine de Narbonne
et l'Espagne. La Narbonnaise aussi appelée Septimanie est devenue Languedoc.
Ce nom aurait notamment comme origine soit le pays de langue d'OC (oui = oc)
soit le pays des Goths ou LANDGOTH.
Les Wisigoths en furent chassés par les Sarrasins au début du
VIIIè siècle. Ces derniers repassèrent les Pyrénées
une vingtaine d'années après Poitiers (732), battus par Charles
Martel puis par Pépin le Bref. Charlemagne, leur successeur, reprit le
flambeau et rebâtit un vaste empire d'Occident réunissant la Germanie
et la France du Nord au Sud. A sa mort, ce vaste territoire se morcela. Au Traité
de Verdun, une bonne part de la France actuelle fut à l'Ouest du Rhône
attribuée à Charles le Chauve, la partie à l'Est du Rhône
devint la Lotharingie (du milieu). Ultérieurement, cette dernière
fut séparée au profit du Royaume de France (Flandre, Bourgogne,
...) ou du Saint Empire Romain Germanique (rive gauche du Rhône, Provence,
Savoie).
L'autorité royale déclina constamment en France. Les vassaux devenaient
plus puissants que le Roi. Parmi eux, les Comtes de Toulouse.
A la fin du XIème siècle, un grand mouvement ébranle toutes
les couches sociales de la société médiévale à
savoir les Croisades (1ère en 1095) qui visaient en principe à
délivrer les Lieux saints de la domination musulmane. Parallèlement
celle-ci fut de plus en plus écartée du territoire espagnol.
Dans le pays qui s'appellera plus tard Languedoc,
région qui s'étendait en gros de la Provence à l'Est,
jusqu'à l'Aquitaine actuelle avec la barrière des Pyrénées
au Sud, la situation était assez différente de ce qui se
passait dans les autres régions en Europe : bien que le système
féodal fût en vigueur, c'étaient les restes de la
loi Romaine qui administrait les villes et les campagnes. Le droit d'aînesse,
par exemple, qui était de mise dans les états du Nord, n'était
pas utilisé dans le midi, les propriétés étaient
partagées ou mises en "seigneuries multiples". La vie
sociale intégrait déjà des assemblées de citoyens
avant l'heure, les consuls ou capitouls, qui avaient un pouvoir notamment
économique non négligeable et qui administraient notamment
les villes nombreuses et puissantes. Les seigneurs féodaux devaient
composer avec ce pouvoir "municipal". Le développement
économique de la région était important dans une
société où le servage était rarement en vigueur.
Il faut souligner qu'il y avait à l'époque un esprit de
tolérance assez remarquable, qui permit à nombre de communautés
rejetées dans d'autres pays de prospérer ou en tout cas,
de vivre sans contrainte : c'est vers la fin du XII° siècle
par exemple, que furent élaborés les premiers textes de
la Kabbale, étude ésotériques Écritures juives,
écrits par un rabbin dans la région de Narbonne.
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Des peurs de l’an mille à l’émergence du catharisme
Au Moyen Age, il était courant de croire que
le monde allait s’achever avec l’an mille. Puis cette attente de
la fin du monde se serait prolongée jusqu’en 1033, date correspondant
avec la mort de Jésus. A cette époque les seigneurs locaux assirent
leur pouvoir sur la terre par la violence au détriment des populations
paysannes. Le territoire se fragmente et l’église voit son pouvoir
en danger. Afin de garder son influence auprès des populations paysannes
et des seigneurs, l’église sera à l’origine de la
sacralisation de la chevalerie et mettra en place des pratiques religieuses
bien concrètes à caractère magique et superstitieux. C’est
ainsi qu’apparaîtra le culte des reliques et des statues des saints.
Des amulettes contenant des fragments d’os et des statues seront offertes
en dévotion au peuple comme étant l’unique solution d’échapper
au diable.
Le Moyen Age voit se lever, à partir de l'An Mille, des pulsions chrétiennes
différentes du catholicisme romain et dont la plupart sont condamnées
comme «hérétiques». Le catharisme est le seul, parmi
ces mouvements évangéliques dissidents, à constituer une
véritable Église chrétienne, avec sa métaphysique,
son sacrement (le Consolament), son clergé (les «Chrétiens»,
«Bons-Hommes» ou «Bonnes-Femmes»). Ces hérétiques
de l’an mille n’étaient apparemment que des chrétiens
refusant les manœuvres politiques de l’église en vue d’asservir
toute la population. Ces hérétiques du début du millénaire
estimait qu’il existait deux églises : l’église romaine
qui était l’église de ce monde et l’église
de Dieu à laquelle ils appartenaient. On constate donc que dès
le début du millénaire une opposition d’idées religieuses
s’élevait face à l’église en place. On peut
donc être en droit de penser que l’émergence du catharisme
est l’aboutissement de ce mouvement contestataire. L’église
en place essayait volontairement d’asservir le peuple tout entier grâce
à des méthodes insidieuses de culte. Je suis soulagé de
constater que des hommes et des femmes ont essayé de se soulever face
à ce pouvoir qui abrutissait les gens en essayant de leur imposer la
pensée unique. Malheureusement ces révoltes face à l’église
furent littéralement anéanties avec la croisade et la mise en
place de l’Inquisition. Il faudra attendre plusieurs siècles avant
de voir à nouveau des chrétiens s’élever face à
l’église en France avec les guerres des religions qui ébranla
notre pays au XVI ième siècle.
L’amélioration économique du sud de la France
Différents facteurs essentiels montrent que le début du
second millénaire connaît une amélioration des conditions
de vie des hommes. En effet, la production agricole augmente et les populations
connaissent un accroissement démographique important. Au XII ième
siècle, le Comté
de Toulouse est une région où le commerce et l'agriculture se
redressent. Les croisades et la navigation commerciale vont ramener des terres
étrangères des idées nouvelles.
L’apparition de nouvelles techniques agricoles permet de produire un surplus
en céréales, vin et en produits artisanaux. Cette augmentation
sera à l’origine de la pénétration de l’économie
monétaire dans les campagnes. Le commerce de l'argent se répand
et témoigne de l’expansion économique.
Les paysans cherchent de nouvelles terres à cultiver afin de produire
encore plus. Sans la vulgarisation des techniques nouvelles qui les accompagnent,
les défrichements n'auraient pu suffire à dynamiser l'économie
rurale.
Les outils en fer servant à l'essartage (haches, faux, etc.), se perfectionnent
grâce aux progrès de la métallurgie. Si dans les sols secs
des régions méditerranéennes le paysan reste fidèle
à l'araire, la charrue se répand dès le XIième siècle
sur les terres lourdes de l’Ile-de-France et de l'ouest. Munie d'un coutre
à l'avant, elle ouvre le sol en profondeur, le soc retourne ensuite la
terre. Le versoir rejette les mottes d'un seul côté ; dissymétrique,
le travail de la charrue est désormais plus efficace. La technique du
hersage se généralise vers 1250 et vient compléter l'ensemble
des perfectionnements.
La traction de la charrue est améliorée par les progrès
de l'attelage. Là où l'on recourt encore à la force des
bœufs, le joug frontal remplace progressivement le joug de garrot, qui
étranglait l'animal et diminuait d'autant ses capacités.
Les chevaux, ferrés, attelés en file par le collier d'épaule,
se substituent aux bovins là seulement où l'exploitant est assez
riche pour s'offrir ces coûteux animaux.
L'amendement des sols s'ajoute à l'amélioration des techniques.
À partir de 1200, les paysans multiplient les labours (jusqu'à
quatre en Ile-de-France) pour ameublir la terre. Mais les engrais manquent :
on n'utilise la plupart du temps que du chaume ou des feuilles pourries. Le
cheptel est rare, sa stabulation est trop courte – les animaux sont en
partie élevés dans les forêts (porcs et chèvres principalement)
et ne demeurent pas assez longtemps à l'étable – pour produire
des fumures en quantité suffisante (elles sont la plupart du temps réservées
aux jardins). Le chaulage reste rare, on recourt périodiquement au marnage
là où abondent les marnes. De fait, c'est la généralisation
de la jachère qui assure à la terre le repos propice à
une meilleure régénération.
La rotation des cultures est pratiquée dès le XIième siècle,
mais parce qu'il suppose de fortes contraintes communautaires l'assolement triennal
ne s'impose qu'au XIIième siècle. Sur la zone à cultiver,
divisée en trois soles, alternent récoltes de printemps (orge,
avoine), récoltes d'hiver (seigle, froment) et terre en jachère.
Ainsi les paysans font deux récoltes dans l'année. L'accroissement
de la production est également lié à celui des rendements,
qui atteignent en moyenne 8 pour 1 en Ile-de-France (mais auraient atteint 15
pour 1 dans le nord de la France). En fait, ils varient selon les céréales,
qui constituent, avec le porc, l'essentiel de l'alimentation. Seigle et épeautre
demeurent les céréales populaires, alors que le pain de froment
devient fréquent sur les tables plus riches. L'avoine, de plus faible
rendement (4 pour 1), recule devant l'orge (8 pour 1). Les conditions climatiques
autorisent la viticulture jusqu'en France septentrionale, et même en
Angleterre. Clercs, princes et bourgeois s'enorgueillissent de leurs vignes.
La technique de culture, sinon de conservation est déjà parfaitement
maîtrisée. Jadis liée à l'eucharistie, la production
des vins doit son succès à l'évolution du goût, et
elle est stimulée par l'exportation vers l'Angleterre ou les pays de
la Baltique comme par les baux avantageux proposés aux vignerons par
les seigneurs.