1) Le Catharisme : Secte ou Religion
?
A travers mes différentes lectures il m’est apparu évident
que de nombreuses personnes considéraient le mouvement cathare comme
celui d’une secte. Les sectes ont en commun de s'abriter derrière
le caractère intangible du droit des hommes à choisir librement
leur conviction religieuse, en prétendant placer exclusivement leur activité
sur le plan spirituel. Il est aujourd'hui admis que derrière cette apparence,
le principal critère d'appréciation pour distinguer une secte
tient dans le rôle économique et politique qu'elle essaie de jouer
au travers de ses adeptes. A partir de cette définition, j’estime
que le mouvement cathare ne se différencie absolument pas de l’Eglise
catholique de l’époque. Certains parlent de «trésor
cathare », indiquent que de nombreux cathares faisaient partis de la noblesse
pour démontrer que le catharisme pouvait être assimiler à
une secte. C’est oublier la place de l’Eglise de l’époque.
N’a-t-on jamais considéré l’Eglise catholique comme
une secte gigantesque ? Pourtant, à l’époque des cathares,
on parle d’un clergé immensément riche, on ne peut également
que constater l’importance du pouvoir politique du Vatican. En effet,
un pape peut à cette époque contraindre le roi de France à
partir en croisade. Je pense donc que l’Eglise répond exactement
aux critères définissant une secte. Aussi, je trouve ridicule
d’essayer de faire passer le mouvement cathare comme celui d’une
secte dans le seul but de minimiser son importance. Pour ma part, je considère
le catharisme au même niveau que le protestantisme, c’est à
dire comme une religion à part entière. C’est en effet un
mouvement comportant des doctrines et des pratiques rituelles qui peuvent l’assimiler
à une religion dissidente de la religion catholique traditionnelle.
2) Le catharisme peut-il revivre ?
Dans le monde troublé que nous vivons, des sectes et des croyances
diverses se développent. Les religions traditionnelles sont l'objet de
bouleversements parfois accompagnés de volonté de purification
ou de retour aux sources. Le catharisme peut-il revivre dans un monde où
les repères moraux semblent aujourd'hui moins solides qu'hier ?
" Als cap de sept cents ans verdeja le laural " (dans sept cents ans,
le laurier reverdira) chante un troubadour de la fin du catharisme. En Languedoc,
une certaine recherche d'authenticité culturelle conduit certains milieux
à s'intéresser plus qu'hier au catharisme. Mais le renouveau cathare
ne conduit qu’à une recherche historique du phénomène
et non pas à la renaissance d’une religion qui, je pense, n’aurait
pas sa place dans notre société actuelle. En effet, on observe
actuellement un certain recul des grandes religions dans notre société.
Je ne vois donc pas comment une religion très stricte comme celle des
cathares pourrait trouver d’adeptes de nos jours.
Je crois que la mondialisation que nous vivons actuellement entraîne un
retour aux sources des populations des différentes régions de
la France afin de conserver une identité propre à leur histoire.
Aussi, le catharisme peut revivre mais seulement comme l’identité
d’une région, comme un souvenir présent dans nos cœurs
lors de voyages à travers le Languedoc-Rousillon.
3) Les chrétiens d'aujourd'hui et le catharisme
Les conceptions cathares sont aujourd'hui partagées par les sociétés
authentiquement chrétiennes. On trouve actuellement au sein des mondes
catholique et protestant :
- des offices religieux en langues modernes
- une étude plus poussée des textes bibliques (également
en langues modernes) ainsi qu'une lecture plus symbolique de l'Ecriture Sainte.
Par exemple, l'Esprit-Saint descendant sous la forme d'une colombe à
la Pentecôte est de plus en plus perçu comme une image et non comme
un volatile
- une approche plus rationnelle des phénomènes miraculeux - un
culte des saints généralement plus discret
- un clergé plus dépouillé (en France notamment depuis
la séparation de l'Eglise et de l'Etat)
- de nombreux Catholiques d'Occident qui n'abandonnant pas nécessairement
leur croyance en Jésus-Christ et en son message, se sont de fait largement
éloignés de la plupart des sacrements contestés par les
Cathares, dont l'Eucharistie
- le monde de l'économie qui n'est plus fondamentalement rejeté
par le Christianisme.
Oserait-on prétendre que les Catholiques d'aujourd'hui ont des conceptions
parfois plus proches des Cathares que de celles de leurs ancêtres du XIIIième
siècle ? C’est vrai dans le sens où l’Eglise s’est
rapprocher du peuple mais cela reste complètement différent au
niveau de la doctrine. En effet le catharisme reste indissociable du dualisme,
notion que n’aborde pas les catholiques.